Parapente – part 3
Publié par G le dans Carnets de route, Népal, one|world project avec 4 Commentaires
Lundi 17 novembre :
Pas de repos cette fois ci, pour des raisons de timing on enchaîne directement sur la troisième semaine de cours. La fatigue se fait sentir et j’ai de plus en plus de mal à me lever !
Nous ne sommes plus que 3 dans le cours : moi, Sandro et Billy. Le but de la journée d’aujourd’hui est de bien se mettre en confiance parce que demain est une journée spéciale : on part en expédition.
Patrick nous a proposé de nous joindre à l’expédition qui va à Korchon. Le principe est que le premier jour on monte à pied jusqu’au décollage à 3200 mètres d’altitude, on bivouaque là et le lendemain matin on décolle et on essaie de rentrer jusque Pokhara en volant !
En attendant, on monte ce matin à Sarangkot pour se faire un premier vol tranquille en attendant les thermiques puis on remonte vers midi pour avoir les meilleures conditions. Je décolle, monte dans le thermique et je vais jusqu’à la base du nuage 500 mètres au dessus du décollage ! Entre temps, les autres ont décollé et me suivent. Yannick ferme la marche et nous guide à la radio.
Comme on est très hauts, on part pour notre premier petit cross country. On suit l’arrête et on fait le tour de la vallée avant de la retraverser et de retourner se poser à Maya Devi ! 45 minutes de vol et notre premier cross country dans la poche. Vraiment super ! On attend demain avec impatience pour aller à Korchon.
A 17h, on se retrouve à l’école pour le briefing pour l’expé. Il faut amener nos sacs ce soir parce que les porteurs partiront plus tôt demain matin. Mon sac ne sera pas compliqué à faire, mon parapente, mon sac de couchage, pas de matelas ni de tente, on bivouaquera dans nos ailes ! On embarque le strict minimum parce qu’après il faudra voler avec tout. L’avantage ici, c’est qu’on ne doit pas prévoir de bouffe vu que tout est organisé par le staff de l’école et pris par les porteurs.
Je me couche tôt ce soir, je sais que la journée de demain sera éprouvante. On commencera à marcher à 1200 mètres d’altitude et le camp est à 3200 mètres. 2000 mètres de dénivelée dans la journée, je vais le sentir passer, c’est clair !
Mardi 18 novembre :
Réveil à 6h au bruit des klaxons comme tous les jours. Je descend dans la rue prendre un rapide petit déjeuner puis retrouve les autres à Blue Sky pour le départ pour Korchon. On embarquer à 20 dans le minibus et c’est parti pour 1h de route jusqu’à notre point de départ.
Patrick et Yannick nous accompagnent et Babou s’occupe de l’intendance. On a 20 porteurs avec nous ce qui fait une caravane de 40 personnes qui quitte la vallée et attaque les milliers de marches qui nous mèneront 2000 mètres plus haut pour bivouaquer.
Heureusement, je n’ai que mon petit sac sur le dos avec juste de l’eau, des vêtements et mon appareil photo. Difficile e trouver un rythme sur ces satanés escaliers. Après 40 minutes et 300 mètres de dénivelé, nous arrivons dans un village où nous faisons notre premier arrêt. Babou qui court dans les montagnes nous a précédés et est déjà occupé à préparer un Dhal Bhat avec l’aide des porteurs.
Au Népal, le Dhal Bhat est le plat national. Ils mangent ça matin, midi et soir. Il s’agit en fait d’un plat comprenant plusieurs aliments : du riz, des légumes au curry (patates et choux fleur généralement), des légumes cuits (épinards par exemple), de la viande (en option) et dans un petit bol, de la soupe de lentilles. Chaque Dhal Bhat est un petit peu différent et c’est toujours une surprise !
Nous voilà donc vers 10h30 à attaquer notre dhal bhat en guise de déjeuner dîner. L’estomac bien rempli, nous reprenons notre marche, laissant le support technique tout ranger puis nous rattraper à toute vitesse.
Le redémarrage est difficile en pleine digestion et les marches n’aident pas au problème. On prend donc notre mal en patience et nous montons lentement mais sûrement vers Korchon. Patrick et Yannick foncent devant pour trouver un endroit de bivouac, je monte avec Sandro, Claire sa femme, Billy, Milan, Michal, Jo un pilote marseillais, un allemand et un groupe de 4 valaisans. Derrière, un groupe de pilotes sauvages tchèques sont à la traîne et font moins les fiers que dans le ciel !
Au fur et à mesure de la montée, nous quittons la forêt et passons au dessus des nuages. On continue sur la crête, l’alti indique 2600 mètres… Courage, plus que 600 mètres de dénivelée !
Ces derniers 600 mètres sont les plus pénibles mais on s’accroche et finalement on arrive au sommet vers 14h30. Pour les plus rapides, on aura mis 4 heures à monter les 2000 mètres de dénivelée, bon rythme ! Les suivants arrivent petit à petit et c’est vers 16h30 que notre groupe est finalement au complet.
Le soleil décline et nous offre un superbe coucher de soleil, les valaisans débouchent les bouteilles de vin et le campement s’installe doucement. Babou est à la cuisine et nous prépare pop-corns et croupouks pour un super apéro à 3200 mètres. La cuisine tourne de main de maître et bientôt nous avons droit à une super soupe pleine de légumes frais puis à des pâtes au légumes aussi avant de finir tous ensemble autour du feu avec un punch géant composé de rhum, de sucre et d’ananas pour lutter contre le froid.
Tout le monde est bien crevé et rassasié, je prépare mon lit pour la nuit. C’est un bivouac donc pas de tente et pas de matelas. En fait, on a la chance d’avoir nos parapentes qui font de parfaits sursacs. Je me met dans mon sac de couchage et m’enroule dans ma voile. L’air dans les caissons joue son rôle isolant et le tissu me protège de l’humidité. Ma montre indique une température de -9°, je m’endors en contemplant les étoiles.
Mercredi 19 novembre :
Je suis réveillé par le bruit de la neige sur ma voile. Quoi, de la neige ? Moment de doute, je regarde le ciel bien nuageux ce matin en me disant que le décollage n’est pas pour tout de suite. Il est 6h30 et tout le monde commence à émerger, je n’ai pas eu froid mais la pellicule de glace sur ma voile témoigne des températures de la nuit !
Babou est déjà debout et a été chercher de l’eau avec quelques porteurs. Le petit déjeuner suit avec l’arrivée du soleil vers 8h30. C’est l’avantage du Népal, il ne fait jamais mauvais bien longtemps et le soleil brille presque tous les jours. Les nuages se dissipent lentement, ça devient bon ! D’ici 2 heures on devrait pouvoir décoller une fois que le soleil aura suffisamment chauffé le sol pour déclencher les thermiques.
En attendant, on range le campement et prépare notre matériel. Je joue le jeu du vol bivouac et range mon sac de couchage et mes vêtements dans ma sellette, je vais voler avec tout mon matériel. Une fois tout rangé et nos parapentes prêts, Patrick et Yannick nous font le briefing. L’objectif est simple : essayer de rentrer à Pokhara en jouant avec les thermiques. En attendant le décollage, on se relaxe au soleil avant la concentration pour notre vol.
11h, on attaque ! Patrick ouvre le vol et se prépare à décoller. Des vents froids descendent de l’Himalaya ce qui ne nous facilite pas la tâche. Les thermiques ne sont pas assez importants pour les contrer. Patrick tente un gonflage, attend de meilleures conditions, réessaie, hésite, attend encore et finalement se lance parce qu’il faut bien y aller. C’est le grand plongeon, aucun thermique en vue. Patrick commente en radio, changement de plan de vol, on va tout droit en plané le plus loin possible ! Pas de thermiques vue…
Je décolle après deux autres et tente de ne pas perdre trop d’altitude. La vue est superbe et l’ambiance du vol géniale malgré les conditions pas optimales. Devant moi je vois Patrick et Billy qui volet à deux et sont déjà bien plus bas. Ils vont poser après 10 km dans un champs de riz. Je passe au dessus d’eux et m’engage dans la vallée de Pokhara, je longe la rivière et repère une zone d’atterrissage possible proche de la route pour pouvoir prendre un bus pour Pokhara. Je continue à avancer et finalement, après 13 km parcourus en 40 minutes, je me vache dans un champ entre la rivière et la route en faisant gaffe aux lignes électriques.
Le temps de prévenir à la radio que j’ai bien atterri et la moitié du village m‘entoure déjà. Impossible d’atterrir quelques part sans attirer les curieux. Je commence à plier ma voile et voit Sandro qui s’engage dans la vallée. Je lui signale ma position à la radio et il vient se poser près de moi, bien content que quelqu’un ait testé l’atterro avant lui. Max et Alain, deux des suisses suivent et nous rejoignons la route à 4 à la recherche d’un bus.
Le bus local bondé arrive, nous montons sur le toit et rentrons à Pokhara, heureux de notre vol, court mais excellent quand même. Un dernier taxi et nous sommes à Blue sky où nous allons signaler notre retour pour ne pas qu’ils nous cherchent inutilement puis allons manger un repas bien mérité en terrasse au bord du lac.
Je passe le reste de l’après-midi tranquillement dans la ville puis retrouve tout le monde le soir pour un repas avec ceux qui quittent le Népal demain.
Jeudi 20 novembre :
On reprend les cours ce matin en montant à Sarangkot pour un vol cool. On essaie de monter dans les thermiques mais ils sont très petits aujourd’hui et je me retrouve bien vite à aller atterrir en rasant les arbres pour rentrer.
On remonte direct en espérant que ce soit mieux après. Yannick nous suit à la radio et on arrive à rester un peu plus longtemps en l’air mais pas à monter suffisamment pour partir en petit cross. Il y a foule dans le ciel et on décide de s’en écarter pour aller se poser.
Petite journée aujourd’hui, cet après midi, pas de cours théoriques, on termine la journée tôt et on en profite pour se reposer et essayer de récupérer un peu de notre fatigue. On en a bien besoin !
Vendredi 21 novembre :
Aujourd’hui c’est mon anniversaire et déjà l’avant dernier jour de cours. L’objectif de la journée est simple : monter dans les thermiques !
On attaque par un petit vol plouf en attendant que les conditions deviennent bonnes et on remonte direct pour un second vol. Cette fois on est au bon moment et on attaque les thermiques. Bien vite, je me retrouve au dessus du décollage puis j’essaie de rester en l’air. Je fais un vol de 45 minutes avant d’aller me poser, bien content de mon vol.
On a tous bien volé mais il est encore tôt et les conditions sont toujours bonnes. On en profite et on remonte pour un troisième vol ! Il est 2h30 quand on décolle et le soleil décline déjà. Plus de gros thermique à cette heure ci mais un vol en douceur en collant le relief pour utiliser le vent de pente tout en profitant de la vue. Je me pose en douceur après 25 minutes de vol.
Mais ce n’est pas fini ! Après avoir eu un cours théorique, on attaque l’apéro puis on va manger à plusieurs pour fêter mon anniversaire. On est 8 autour de la table et on passe une super soirée, profitant de l’occasion pour tester les vins de Krishna, notre ami népalais qui a un resto au coin de la rue. Je m’endors en me disant que c’est la première fois que je n’étais pas en Belgique pour mon anniversaire…
Samedi 22 novembre :
Dernier jour de cours. Après 15 jours intensifs, on arrive à la fin de note formation. On ne fera qu’un vol parce qu’après on retourne sur la pente école puis on doit passer l’examen de pilote. On se donne donc rendez vous plus tard, à 10h pour monter à Sarangkot et profiter des meilleures conditions de la journée.
Arrivés au déco, le champ est libre et les pilotes déjà en vol ont l’air de bien monter. On ne se fait pas prier et on décolle illico. Yannick nous précède et repère le terrain, je décolle en dernier et vais rejoindre les thermiques. Je monte, m’accroche et bientôt je suis plus haut que Sarankot. On est tout les 4 bien hauts, Yannick part en premier et on le suit dans le cross qu’on avait déjà fait il y a quelques jours. Je profite à fond de ce dernier vol, les vautours nous montrent les thermiques et nous poursuivons notre chemin jusqu’à l’atterro où nous nous posons sans encombre. Mission accomplie !
On reprend alors la jeep et on fonce vers la pente école. Patrick y est avec les élèves débutants qui apprennent à gonfler leur voile comme nous il y a 15 jours. Nous on est là pour s’entraîner au décollage face voile. On passe deux heures à essayer puis quand tout le monde à son compte, on rentre à Pokhara pour passer l’examen de pilote.
Après avoir répondu aux 30 questions, Yannick corrige avec nous. Je m’en tire bien avec un beau 50 sur 60. Sandro et Billy répondent bien aussi, clôturant ainsi nos cours en beauté. Nous sommes maintenant des pilotes brevetés et on peut voler en solo sans moniteur. Notre licence internationale sera prête demain.
Pour patienter jusque là, on va fêter ça comme il se doit avec Patrick et Yannick.
Il est 22h30 (le milieu de la nuit pour le Népal) quand je rentre à mon hôtel. Je rentre dans ma chambre, ferme la porte et me prépare à prendre une douche quand j’entends quelqu’un qui m’appelle dans le couloir.
C’est Camilo ! Il est rentré du trek de l’Annapurna avec Martin et ils se sont installés dans la chambre voisine ! Aussitôt, on est de nouveau dehors pour aller boire une bière et fêter leur arrivée, oubliant la fatigue et profitant du moment. On se raconte nos aventures respectives, ça fait maintenant 3 semaines qu’on s’est quittés à Kathmandou et on va pouvoir passer quelques jours ensemble à Pokhara.

Quelles aventures Guillaume,
Tu as l’air vraiment heureux ! Ca fait plaidir à lire.
J’espère que ton aile est enfin arrivée et que tu as pu rejoindre l’Inde.
J’imagine que tu auras eu un pincement de coeur de quitter tes amis du Népal où tu es finalement resté longtemps.
Bonne route et gros bisous
Mam
Que de magnifiques souvenirs tu auras…Fantastique ton voyage..Et tes photos…!!!!!!!!!!!!!!
Bonne continuation pour d’autres aventures aussi passsionnantes…
Bisous
Chantal
Quelle magnifique expérience! Ca change un peu de l’escalade mais les sensation on l’air complètement folle.
Profite bien et bonne route…
Marc
JOYEUX NOEL GUILLAUME
Même si dans les pays où tu vis cela ne représente sans doute pas grand chose.
Sapin, mais pas de neige.
Cadeaux, mais tu nous manques.
Gros gros bisous.
Mam